Rénover un appartement grenoblois des années 1950 à 1970 : ce qu’on trouve derrière les murs
Près de la moitié des logements grenoblois ont été bâtis entre 1950 et 1974. Si vous rénovez ici, il y a une chance sur deux que ce texte parle du vôtre. Voici ce que nous y trouvons, dans l’ordre où nous le trouvons.
Avant d’ouvrir : deux dates
Sur cette tranche, vos diagnostics se posent presque toujours. Si votre permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, votre logement entre dans le champ du repérage de l’amiante avant travaux, encadré réglementairement. S’il a été construit avant le 1er janvier 1949, le constat de risque d’exposition au plomb s’ajoute.
Si votre logement date de 1950 à 1974, vous êtes concerné par le premier, rarement par le second. Nous programmons votre repérage avant la dépose, jamais après : c’est lui qui dit comment vos gravats sortiront.
Les cloisons : plâtre et brique
C’est la signature de la période. Vos cloisons de brique plâtrière enduite se démontent proprement, produisent un volume de gravats important et très lourd, et ne se percent pas comme une plaque. Y fixer un meuble haut demande une cheville adaptée : vérifiez-le avant d’acheter votre cuisine.
À l’inverse, elles vous isolent mieux du bruit qu’une cloison légère mal posée. Les remplacer n’est pas toujours un progrès acoustique pour vous : c’est un arbitrage, pas une évidence.
Les plafonds : rarement droits
Sur cette période, les dalles béton ont été coulées vite. Votre plafond est probablement gauche de deux ou trois centimètres sur la longueur de la pièce, et cela se verra à la lumière rasante dès que vous peindrez en teinte claire.
Le rattrapage passe par un faux-plafond sur ossature, qui rend en prime la possibilité de loger les points lumineux sans saigner la dalle. Le seul point de vigilance est la hauteur restante, qui se calcule avant, pas après. C’est un travail de plaquiste à part entière, et il décide de l’allure finale de la pièce.
Les réseaux : d’origine, presque toujours
Tableau sans différentiel adapté, prises rares et mal placées, pas de liaison équipotentielle dans votre salle d’eau, alimentation en plomb parfois encore présente sur les plus anciens. Vos évacuations ont souvent été reprises une fois, sans soin, à la génération suivante.
La règle est absolue : nous reprenons tout pendant que vos murs sont ouverts. Une reprise après plâtrerie vous coûte deux fois, et abîme un travail qui venait d’être fait chez vous.
L’enveloppe : simple vitrage et murs froids
Vos menuiseries d’origine sont en bois ou en acier, en simple vitrage. Vos coffres de volets roulants, quand vous en avez, ne sont pas isolés et constituent souvent la fuite la plus nette de la baie, davantage que le vitrage lui-même.
Le pignon exposé et les murs sur cage d’escalier non chauffée restent froids en hiver. Un doublage intérieur les traite, au prix de quelques centimètres de surface annoncés à la visite. C’est le poste qui change le plus vite la sensation de confort.
Le chauffage collectif, un cas à part
Beaucoup de ces immeubles sont en chauffage collectif. Vous ne décidez ni de la production, ni de la régulation, ni du calendrier de mise en route. Ce que vous pouvez traiter, c’est l’enveloppe de votre logement et l’émission dans les pièces.
Autrement dit, sur ces immeubles, l’isolation intérieure et les menuiseries sont les deux leviers réellement à votre main. Le reste se décide en assemblée générale.
L’ordre qui marche
Dépose et curage, vos diagnostics faits en amont. Vos réseaux repris murs ouverts. Vos doublages et vos cloisons. Vos plafonds. Votre menuiserie intérieure. Vos finitions.
Cet ordre n’a rien d’original, et c’est précisément pour cela qu’il tient chez vous. Le seul écart admissible concerne vos menuiseries extérieures, que nous pouvons poser plus tôt si votre copropriété a validé, pour fermer votre logement avant l’hiver.